Faire gueuler la volaille

Un jour, au bout du monde, j’ai eu la chance de vivre une éclipse totale du soleil. Il a fait nuit en plein midi. Nuit noire, pendant quelques instants. Quand la lumière a amorcé son retour, doucement, dans un second lever du jour poétique et improbable, le coq a chanté. Oui, c’est con comme ça un coq. Ça chante même quand tu ouvres le frigo. Et si tu l’ouvres dix fois, il célèbrera autant de fois le jour qui renait, invariablement.

J’ai bien ri ce matin en voyant Turcotte à la une du journal Chose avec un ti bébé sur les genoux. La veille de l’Halloween en plus, c’était presque parfait, moi j’aurais poussé le truc un peu plus loin, allez hop, à la une du 31, le monstre, avec une petite teinte orange… mécanique.

Quoique, ça aurait été bien aussi, à la fête des pères. Hum, à retenir…

Outre une commission qui lasse et une tempête tardive et incertaine, octobre n’a pas livré la marchandise, et le journal Chose, rendu au 29 du mois, n’a de toute évidence pas atteint ses objectifs de vente.

Chez Chose, l’éclipse est totale et permanente, aucun espoir d’y voir un jour la lumière. Par contre on sait très bien comment faire gueuler la volaille émotive, disponible, et tristement prévisible.

Théorie sexuelle et à peine farfelue de la révolution

N’est pas Gérald Fillion ou Ianik Marcil qui veut. Moi, je suis plutôt du genre rêveur, sans rigueur, et loin de mes sous. L’économie, c’est compliqué pour moi. Les quelques trucs que j’y comprends me font à peine réfléchir, ils ne font que me mettre en colère.

Je sais toutefois que les banques dirigent, je sais que l’entreprise tyrannise, je sais que la spéculation affame et tue chaque jour. Le peu que je sais, c’est que cette course folle au profit, insensée et cynique, est la chronique annoncée de notre malheur déjà débuté. Un Occupy et un printemps plus tard, en dépit de la lucidité de l’indignation, je comprends combien la machine est puissante, et les silences d’automne du parc Zuccotti et du Square Victoria me chuchotent, ou la patience, ou la résignation.

Pourtant, en tant qu’économiste de taverne, je pense avoir trouvé la solution. Les choses de l’esprit éloignent trop des choses de la chair, et l’élite révolutionnaire a trop cherché dans sa tête ce qui se trouvait finalement dans nos culottes. Par conséquent, il ne faut pas se lancer dans une ré-appropriation privée des moyens de production, mais plutôt dans une ré-appropriation massive des moyens de reproduction. En termes moins savants, pardonnez mon érudition aussi économiste que soudaine, il s’agit effectivement de faire l’amour, et de faire des petits. Plein de petits. Pourquoi? Pour créer la force démographique qu’auront besoin les générations futures pour résister à l’ogre néo-libéral infernal.

Je vous entends d’ici me rétorquer que nos grands-parents le firent jadis, au lendemain d’une trop longue guerre de chastes privations, et que leurs galipettes méritées et répétées ne donnèrent naissance qu’à une génération spontanée d’enfants gâtés qui, après un trop bref passage dans le monde libre et chevelu du LSD, nourrirent la bête immonde comme jamais, pour leur unique confort, au mépris de leurs propres enfants. Et vous avez raison, les baby-boomers nous ont salopé la planète comme jamais, ils se sont enrichis grassement, nous laissant avec ce dilemme invivable: Apple et la simplicité volontaire.

Mais tout n’est pas sombre. Et en tant qu’économiste fraîchement nommé, laissez-moi vous apporter la bonne nouvelle: Ils-s’en-vont! Certes, ils vivront jusqu’à cent ans et nous coûteront les yeux de la tête, parce que ces fainéants ont délaissé la mine pour le bureau climatisé, mais ils s’en vont en retraite, et c’est maintenant. Alleluia.

Saluons donc les élans libidineux de nos aïeux, car ils nous ont sauvé du capitalisme, et la révolution peut enfin commencer. En effet, cette génération d’embonpoint libère le plancher pour la Floride, et comme elle avait découvert la pilule, elle nous laisse sans frère ni soeur, mais libère ainsi une quantité d’emplois extraordinaire.

Ainsi, la tyrannique entreprise, qui hier encore nous exploitait et nous aliénait en faisant planer sans cesse au dessus de nos têtes, par abondance de main d’oeuvre, la menace du congédiement, se retrouve bien mal prise avec nous, qui sommes issus de familles de un virgule un enfant par perron.

Résumons maintenant: Le capitalisme aliène l’humanité, au moins depuis la moitié du XIXème siècle. Nos grands-parents, éloignés par la guerre, se retrouvent vers 1945 et copulent à gorge déployée. S’en suit, neuf mois plus tard, une génération de futurs gros, hirsutes puis égoïstes, la gueule en permanence dans le garde-manger, à la capacité de reproduction chimiquement affaiblie. Pour s’occuper, elle consomme comme jamais et développe une économie déshumanisée et sordide. Au début des années 2010, elle décampe enfin, laissant derrière elle un champ de ruine, mais des emplois par milliers. La tyrannique entreprise, dépourvue du chantage au chômage, est désarmée. Le peuple, devenu important parce que rare, peut enfin dicter sa loi: l’exploitation est finie, tyrannique entreprise, si tu veux vivre, traite-moi désormais en humain.

Faisons donc l’amour à foison et faisons des enfants par douzaines, maintenant. Créons des baby-boomers à nouveau, juste pour qu’ils se gavent et décrissent, pour le bonheur de la génération suivante. En tant qu’économiste nouvellement installé, j’offre donc cette théorie à mes contemporains: Baisons, on sauvera une humanité sur deux. C’est mieux que rien.

Mon enfant, ma soeur

C’est pas facile l’amour. L’amour absolu je veux dire. Nous on s’aime les fesses, les bouches, les seins, les pénis, les liquides. On est pris avec ça, ces affaires là. Mais quand tout a coulé, on s’aime encore, on est encore là, c’est bien, c’est intelligent. Et quand tout a coulé, il faut penser à Baudelaire. Mon enfant, ma soeur… amour pur, asexué, généreux, final.

L’invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l’âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde ;
C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
– Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D’hyacinthe et d’or ;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Toutes des folles

Un groupe sexiste et misogyne s’est distingué ces jours-ci par le biais d’une page Facebook nommée TDF, Toutes Des Folles. La page rassemble quelques centaines d’individus autour de la détestation électronique de l’ensemble du genre féminin. L’activité de ce regroupement se concrétise par la distribution d’autocollants TDF, mais surtout par la propagation d’insultes et de propos outrageants allant jusqu’à l’appel au viol, voire au meurtre. Des propos sans équivoque, au point d’en inquiéter le Conseil du statut de la femme.

Pourtant c’est vrai, ce sont toutes des folles.

Folle Rosa Parks qui, en décembre 1955, refusa de céder sa place aux passagers blancs pour lesquels l’avant de l’autobus était réservé, au prix de son arrestation et de son emprisonnement.

Folle Anne Frank, au point d’écrire à une amie imaginaire le journal intime d’une jeune fille Juive traquée par les Nazis, cachée avec sa famille dans un réduit pendant plus de deux ans, avant de mourir à Auschwitz.

Folle Marie Curie, qui reçoit par deux fois le prix Nobel, et qui en 1914, veuve, interrompt ses recherches et part avec sa fille de 17 ans sur le front de guerre soigner et sauver des milliers de blessés.

Folle Billie Holiday, battue, violée, prostituée, emprisonnée, abandonnée par ses parents, folle d’avoir juste trouvé la force de vivre un peu et d’avoir donné au siècle une de ses voix les plus émouvantes.

Folle Sharon Wood, première femme a avoir atteint le sommet de l’Everest alors qu’à peine un siècle plus tôt les médecins promettaient aux femmes pratiquant quelconque sport un « ratatinement » de l’utérus et de très probables troubles mentaux.

Folle Gabrielle Defrenne, hôtesse de l’air, contrainte à la retraite à quarante ans pour perte visible de jeunesse, tandis que ses homologues masculins pouvaient exercer leur métier jusqu’à la retraite, folle d’avoir lutté jusqu’à la Cour Européenne de Justice et obtenu gain de cause.

Folle Sophie Chiasson, dont le cerveau était inversement proportionnel à la grosseur de sa poitrine aux yeux de Jeff Fillion, d’avoir résisté.

Folle d’amour puis de chagrin Édith Piaf, après une vie de souffrances, découvrant enfin le bonheur avec Marcel Cerdan, et le perdant l’année suivante dans un accident d’avion.

Folle Chantal Petitclerc, folle Indira Gandhi, folle Thérèse Casgrain, folle Winnie Mandela, folle Aung San Suu Kyi, folle Frida Kahlo, folle Nelly Arcan, folle Simone de Beauvoir, folle Marie Sirois, folle Benazir Bhutto, folle Lise Payette, folle mère Teresa, folle Evita Peron…

Folle la caissière mono-parentale épuisée d’à côté, d’être encore si jolie.

Revoir Yoani Sánchez

Mardi, Cuba a annoncé une très attendue réforme migratoire qui comprend l’abolition du permis de sortie obligatoire, ce qui signifie que désormais, théoriquement, un simple passeport devrait être suffisant aux Cubains pour se rendre à l’étranger. La mesure doit entrer en vigueur le 14 janvier 2013.

Je pense à Yoani Sánchez, la blogueuse dissidente cubaine qui, depuis 2007, au péril de sa liberté, dénonce le régime castriste sur son blogue Generaciòn Y. On retrouve aussi l’essentiel de ses textes écrits de 2007 à début 2010 dans son livre Cuba Libre. Pour le courage de son action dissidente et la force documentaire de ses récits, Yoani a été nommée parmi les cent personnalités les plus influentes au monde par le magazine Times en 2008, et elle a obtenu de nombreux prix et distinctions qu’elle n’a jamais pu venir recevoir, essuyant plus de vingt refus à ce jour à ses demande de sortie du territoire cubain.

Ce matin, Yoani Sánchez réagissait sur Twitter (à l’aide d’un SMS envoyé vers un numéro international depuis son téléphone portable): «Mes amis me disent de ne pas me faire d’illusion, que je suis sur la « liste noire », mais j’essaierai».

L’annonce de cette réforme peut sembler une bonne nouvelle, mais au pays où le salaire mensuel oscille entre trente et cinquante dollars, et où il faut trois mois de salaire pour se payer un ouvre-boîte, cette nouvelle «liberté» risque de demeurer bien théorique pour la majeure partie des Cubains. Par ailleurs, la réforme s’accompagne d’obscures restrictions d’attribution des passeports telles que «des raisons de défense et de sécurité nationale».

On comprend alors la méfiance de Yoani, familière de l’hypocrisie du pouvoir, mais surtout consciente d’être toujours dans sa ligne de mire. Conscience toute fondée puisque le 4 octobre dernier, il y a donc moins de deux semaines, elle était arrêtée à Bayamo par la police cubaine au cours d’une intervention d’intimidation, alors qu’elle s’apprêtait à assister à un procès pour lequel elle voulait faire une couverture journalistique. Elle fut finalement transférée à La Havane, puis libérée le surlendemain. Yoani a publié le récit de sa détention sur le Huffington Post la semaine dernière.

En préambule de Cuba Libre, Yoani Sánchez nous disait: «Chaque personne qui me lit me protège».

En 2010, dans une de ses chroniques, elle raconte qu’un de ses amis dissidents a dans son téléphone, dans le répertoire des brouillons, «pour le protéger des ombres qui l’attendaient en bas de chez moi», un SMS déjà rédigé afin d’avertir en cas d’arrestation. J’ai remonté le fil Twitter de Yoani Sánchez jusqu’au début d’octobre, et le 4, je n’ai pas vu de message d’elle signalant son arrestation. Elle n’en a sans doute pas eu le temps.

En lisant Cuba Libre, j’ai compris que le régime de Castro réforme avec lenteur et cynisme. S’il faut prendre acte des avancées qu’on nous communique, il faut surtout tenter d’en mesurer la part d’illusion, et l’arrestation récente de la blogueuse témoigne qu’au delà de ces annonces au monde, la liberté d’opinion demeure confisquée à Cuba. Aussi nous devons continuer à faire part de beaucoup de vigilance et à ne pas nous laisser endormir par les signaux faibles envoyés par le régime de Raul Castro. En attendant que les actes se conforment aux promesses, pour revoir Yoani, continuons sans relâche de la lire, et donc de la protéger.

#matricule728 – Incontinence émotive

Le balancier stupide de nos émotions incontrôlées s’est encore fait aller. c’était écrit dans le ciel désespérant de nos médiocrités répétées. On n’apprend pas, c’est décourageant.

Pourquoi diable ne sommes-nous pas capable de nous indigner avec intelligence? Pourquoi devons-nous forcément aller frapper le même mur, sur la même route, et à la même vitesse que la dernière fois? Nous sommes des incontinents émotifs, et on en fout partout. La policière en question a agit et parlé de façon inacceptable. On est tous d’accord là-dessus, c’est révoltant.

Mais c’est toujours la même valse bancale à deux temps. Premier temps, l’indignation sans sphincter. On s’échappe, et ça ne tarde pas à sentir mauvais. Sans contrôle, Injures, parodies, diffusion de son adresse, menaces de mort, lynchage… du bruit, du bruit, du bruit, jusqu’à l’écoeurement. Et quand, épuisés, le nez dans notre pisse, on se rend compte qu’on aurait un peu dû serrer les fesses, vient le temps du deuxième temps de notre danse ridicule, le remord, tout aussi imbécile. Ils ne sont pas tous comme ça dans la police, soyez respectueux, c’est un être humain, et gnagnagna, et gnagnagna… Un deuxième temps tout aussi gluant que le premier.

Si au moins c’était la première fois. Souvenez-vous l’an dernier, la petite ado qui s’est suicidée parce qu’elle subissait de l’intimidation. Souvenez-vous comment l’autre petite, soupçonnée d’intimidation, a été, par nous, livrée aux chiens. Souvenez-vous, l’an dernier encore, quand un certain internaute a voulu piéger des cyber-prédateurs, comme nous avons, complices, diffusé en large photos et vidéos d’individus sans jamais se soucier, ni du vrai, ni du faux, ni des impacts d’une telle justice irraisonnée et lapidaire. Et j’aurais pu parler de Cantat, de Turcotte…

Et finalement, qu’avons-nous réglé? Rien évidemment. L’intimidation vient de tuer cette semaine encore en Colombie Britannique, et je crois bien que les cyber-prédateurs sévissent toujours. Nos pertes chaudes sont non seulement inutiles, mais elles finissent, du fait de ce balancier d’excès d’indignation et de remords, par neutraliser l’événement, par un épuisement invisible de l’émotion.

Quarante-huit heures après la diffusion des images de l’intervention inacceptable de la policière, où en sommes-nous? On est écoeuré, on ne veut plus en entendre parler. Voilà le résultat. Les excès d’indignation et les excès de remords font qu’on n’en pense plus rien, déjà.

Et on recommencera, parce que c’est offert, parce que c’est permis.

Tremblement de tête

La terre a tremblé pendant la nuit, suffisamment pour sortir du sommeil à peu près toute la grande région de Montréal, y-compris moi. Une secousse sans conséquence, mais saisissante, au point de vouloir en savoir un peu plus. Inutile d’allumer la télé, il est minuit vingt et on y rejoue des programmes enregistrés plus tôt dans la journée. Personne à blâmer, ce serait idiot de maintenir un journalisme d’urgence pendant que la ville dort sur ses deux oreilles. Était-ce juste un camion de construction qui est passé trop vite dans ma rue, un avion s’est-il écrasé, ou le petit café italien d’en bas vient d’y passer lui-aussi?

La réponse se trouve forcément sur Twitter, et je m’y précipite. Y-a-t’il toujours autant de monde ici au beau milieu de la nuit ou avons-nous tous eu le même réflexe? Ça gazouille en tout cas, et mon choix est efficace. En quelques secondes, j’ai ma confirmation: la terre a bel et bien tremblé.

J’allume une cigarette, je suis trop réveillé. Les premiers messages que je lis expriment d’abord la stupeur, et le rassurement, fort compréhensibles. Puis rapidement, la légereté s’installe et le soulagement se traduit par quelques premières petites blagues, plus ou moins drôles. Des mots d’esprit sur le maire Tremblay (Tremblay, tremblement, voyez-vous), sur l’échangeur Turcot, le Pont Champlain, etc.

Rien d’anormal en somme qu’après un stress, quelque soit son ampleur réelle, nous ressentions ce besoin bien humain de détendre l’atmosphère. En d’autres temps nous serions sans doute sorti dans la rue y trouver nos semblables, et l’humour serait venu saluer le constat que nous étions bel et bien en vie et en santé.

Dix minutes après l’incident, la cascade des plaisanteries est à son comble sur Twitter, et mon fil n’est plus rempli que de cet humour court. Ce qui me frappe, c’est la redondance du propos. Certes je sais que quand un<em> tweet </em>est bon, ou jugé comme tel, il est partagé et répété, mais je me rends rapidement compte que nombre d’utilisateurs publient des drôleries identiques, avec je crois la conviction réelle d’avoir trouvé un mot d’esprit inédit.

Je crois qu’il y avait cette nuit-là moins de faussaires que d’esprits involontairement victimes de l’unicité de notre pensée. Pourtant l’Internet nous avait fait cette promesse d’abondance en rassemblant dans la même conversation mille et une personnes, ce qui jadis était impossible, nous laissant rêver à mille et une idées, toutes plus riches et plus neuves les unes que les autres.

Or le rêve a fait long feu, et force est de reconnaître qu’il n’y a guère plus de créativité dans le foisonnement de nos cerveaux accumulés que dans notre petit immeuble. L’addition des particularités n’a pas eu lieu, et en dépit de la palette incroyable de nos couleurs réunies, nous faisons malheureusement tous un peu le même dessin.