Question à Richard Martineau

Richard Martineau,

Chacun sait que la caricature dans les médias a joué un rôle déterminant dans la propagande anti-juive durant les années qui ont précédé la Shoah, et l’homme cultivé que vous êtes ne peut l’ignorer.

Fort de cette connaissance-là, comment assumez-vous, en contribuant de façon active à la stigmatisation d’une partie de notre population – les Musulmans – que des agressions, physiques ou verbales, peuvent être commises par des gens dont la haine aura été attisée, entre autres, par vos activités?

Fort de cette connaissance-là, comment justifiez-vous le risque que vous prenez dans votre contribution à la création de cet ennemi commun?

Jew Caricature 1 martineau-burqa

Sur le mépris de Charest et la démocratie de Desmarais

Le texte ci-dessous, écrit par mon ami Hugo Parizot, fait écho à la publication par le groupe Anonymous de la vidéo présentant les liens plus qu’étroits entre Jean Charest et la famille Desmarais.

———————————-

Et puis? La nouvelle sur la somptueuse réception offerte par Paul Desmarais, réception qui aurait coûté de 12 à 14 millions de dollars et qui comptait des invités prestigieux tels que George H. Bush, Brian Mulroney, Jean Chrétien, et oui, votre humble serviteur Jean Charest, cette nouvelle donc a-t-elle retenue votre attention? Elle aurait dû et pour plusieurs raisons. D’abord, elle expose au grand jour le jupon Power Corp qui manifestement dépasse sous la jupe de votre premier ministre. Ce n’est pas anodin quand on sait que cette entreprise détient plusieurs quotidiens au Québec dont l’influent La Presse (et son pendant numérique Cyberpresse). Et elle soulève des questions, justement, sur le fonctionnement de ces mêmes médias.

Si vous ne le saviez pas déjà, l’homme politique moderne aime recevoir des invitations provenant de gens comme les Desmarais de Sagard car il sait qu’il sera reçu avec la classe que commande son poste. L’important homme politique affectionne l’odeur du cuir de la limousine qui le conduit, le pli du smoking qu’il porte pour l’occasion, les bons cocktails et les mains multimillionnaires que ces réceptions lui permettent de serrer. Des millions, ça peut toujours servir, surtout en élection. Il se réjouit à l’idée de tremper une cuillère d’argent dans le potage de son repas gastronomique 8 services tout en faisant la conversation à George H. Bush. L’Orchestre métropolitain à l’oreille, il apprécie la chance qu’il a de poser son regard sur la chorégraphie que Luc Plamondon a créée spécialement pour l’occasion, flûte de champagne à la main, ébloui qu’il est par la beauté et la grâce d’un chapiteau digne de Louis XIV. Cela flatte son égo – car il est l’une des stars de la soirée – et confirme qu’il a résolument atteint le sommet. Il en profite d’ailleurs pour savourer, si ce n’est la vue du haut du monde, du moins celle du haut du Canada et du Québec. Finalement, il sourit en pensant que sa place est ici, au milieu des grands, entouré de la crème VIP du pays, dans la ouate. Michou, tu ferais une petite photo de moi avec l’ex Président? Clic! Un beau trophée à ajouter à une collection sûrement déjà remarquable. Quelle soirée magique! Au cours de ces deux jours que dure la fête, incontestablement, il aime Paul Desmarais. Comme disait Richard Martineau, sauf que c’est approprié cette fois: c’est la belle vie!

Notez qu’en ce moment même à la Commission Charbonneau, l’étau se resserre sur petit poisson Tony Accurso et son ridicule petit bateau. C’est monarque Charest qui doit se retenir de se rouler de rire!

Ces événements mondains commandités par Power Corp – remarquez, c’est elle qu’on nomme mais on peut facilement l’imaginer n’être qu’une parmi un club plus vaste – sont le genre de petites pauses appréciées par un premier ministre car il doit aussi frayer avec d’autres personnages et événements bien moins agréables. Prenez la grève étudiante, misère qu’elle est chiante cette grève! Pauvre Jean! Doit-il les détester, ces petits baveux de 20 ans, ces morveux qui contestent son autorité, sa légitimité, le défient lui, le brillant stratège, le fin politicien qui roule sa bosse depuis près de 30 ans? Bien sûr, l’affront ne va pas jusqu’à l’obliger à s’impliquer lui-même dans les négociations. Quand même, les ministres-marionnettes sont là pour ça!

Conséquemment, concevez-vous mieux que Charest ait pu assisté à moins d’une heure de discussions en plus de 3 mois? Quand on connait les divers avantages, cadeaux, courbettes, ascenseurs et retour d’ascenseurs et retour retour d’ascenseurs que l’important monsieur reçoit régulièrement des hommes et femmes les plus riches de la province, du pays, doit-on s’étonner du mépris patent qu’il démontre envers la jeunesse?

La deuxième question maintenant: pourquoi est-ce Anonymous, un groupe international de pirates informatiques, qui informe les citoyens et électeurs québécois sur l’existence de cette petite fête? Comment se fait-il que c’est Anonymous qui nous renseigne sur l’état de notre démocratie et sur ce que nos leaders font de leurs fins de semaine?

Je ne connais pas la réponse entière mais j’en sais instinctivement une partie puisqu’on devine bien que ce n’est certainement pas La Presse qui va affecter des ressources pour investiguer cette histoire! Vous comprendrez que chez Gesca (et tout autre empire médiatique) il existe des zones bien délimitées, connues par tous ses journalistes. Il y a les zones où on doit aller, celles où on peut aller et enfin celles où on ne doit jamais, jamais aller, du moins quand on planifie conserver son emploi. Première règle, si ça concerne le patron, on peut traiter la nouvelle seulement si le résultat sera minimalement flatteur. Deuxième règle, toujours si ça touche le patron mais que cette fois le papier risque de ne pas chanter ses louanges, on détourne le regard et on passe rapidement à un autre appel en sélectionnant une autre histoire « d’intérêt public ». N’importe laquelle, c’est sans réelle importance; de toute façon le public est déjà bien nourri aux faits divers tels que l’histoire du démembreur. La propriété détermine les contenus, tous les magnats des médias savent cela et c’est là que repose l’intérêt de détenir ces agences de presse.

Chef, on fait quoi pour les amis du patron? Le chef: tu suis la deuxième règle. Et Jean Charest, est-ce que c’est un ami du patron?

La réponse, d’après vous?

Une pensée pour Martineau

Mon coeur est fébrile ce matin, après la revue de presse. J’ai l’humanisme sensible en ce dimanche d’automne de mars. Je pense à Richard Martineau. J’aurais envie de lui donner un câlin, un hug… J’en ai parlé à ma blonde, elle est fâchée après moi. 

– Tu me niaises?

– Chouchou… me semble que c’est beaucoup non? Vergès, Tout le monde en parle, Twitter, Facebook, le site drôle de la terrasse… tu crois pas qu’on pourrait lui donner un petit répit, déjà qu’il fait pas beau? Et puis c’est dimanche après tout, pour lui aussi…

– Il l’a cherché quand même! Ça fait des années qu’il tire sur tout ce qui bouge, qu’il répand insidieusement une demi-pensée populiste, xénophobe et nauséabonde.

– Chouchou…

– J’ai pas fini! Depuis le temps qu’il stigmatise l’étranger, qu’il humilie le petit, qu’il piétine le faible, qu’il insulte notre intelligence, jour après jour, par des raccourcis mesquins et insidieux, il fallait bien que ça arrive! Et ce mépris envers les étudiants, et cette arrogance permanente, et cette méchanceté, gratuite, déversée chaque jour…

– Je sais tout ça… mais il doit pas passer un très bon week-end, tu crois pas?

– Ah non? Et les Musulmans, hein ? Nos voisins d’en face par exemple, comment tu penses qu’ils se sentent quand ils lisent, à répétition, qu’ils sont une menace pour notre société, pour notre culture, pour nos valeurs, alors qu’ils n’ont qu’une envie : vivre avec nous? Ce ne sont pas des petits messages amusants sur Twitter ou Facebook le temps une fin de semaine qu’ils reçoivent, mais des regards de méfiance, de mépris, de haine, partout, tout le temps…

– T’es vraiment fâchée Chouchou ?

– Oui je suis fâchée! Et puis d’où te vient ce soudain élan de bonté, toi qui, depuis des années, dans à peu près tout ce que tu écris, ne manque pas une occasion, avec raison, de rappeler à quel point ce qu’il écrit est stupide, étroit, sordide, fielleux, hargneux, odieux, pervers et sans-coeur? T’as même écrit qu’il était d’extrême-droite!

– Je sais pas, ça doit être la température… c’est un homme après tout… il fait partie de notre humanité non? Est-ce qu’on doit lui faire ce qu’on lui reproche? Et puis, si on doit, c’est vrai, lutter contre ses idées, c’est peut-être pas une raison pour l’accabler, lui, autant? Il me semble qu’on est nombreux sur son cas depuis un bout, c’est peut-être pour ça qu’il est si rigide, au point de se renfermer dans l’insignifiance… Peut-être qu’il se sent seul ce matin, peut-être qu’il a juste besoin d’un signe, d’un geste, d’une main pour le relever…

– Mais Seigneur, t’es tombé du lit cette nuit ma parole! Le parachute a pas ouvert, c’est ça? Ben coudonc! Donc tu vas écrire un texte à Martineau, un texte d’amitié, de compréhension et d’empathie, c’est ça? C’est bien beau être de gauche, mais y’a des limites à la générosité me semble!

– Je sais pas, je sais plus trop… on va prendre une marche Chouchou?

– Non.

Un jour chez Martineau

Richard Martineau se positionne désormais clairement comme un journaliste d’extrême-droite, il ne lui reste plus qu’à l’assumer. Petite histoire d’un jour sur son blogue.

De droite me répondrez-vous ? Non, d’extrême-droite.

Plus bas, trois billets issus du blogue de Martineau, tous trois datés d’aujourd’hui, le 5 décembre 2011. On ne m’accusera pas d’avoir fait des recherches profondes et malhonnêtes dans l’ensemble de son oeuvre, c’est simplement sa production du jour.

Allez-y, tout est là.

Juste avant, petit rappel d’une définition utile de l’extrême-droite, par Wikipédia :

Les partis politiques qualifiés d’extrême-droite ne se définissent pas eux-mêmes par ce biais, rendant ainsi difficile une véritable catégorisation politique. Leur nationalisme affirmé est alors la principale raison de les classer à droite de la droite. Néanmoins, ces partis s’adressent d’abord à un électorat populaire, suivant une ligne anti-élite, et proposant souvent des mesures sociales ne correspondant pas avec les partis traditionnellement à droite. Ils peuvent également concentrer certains thèmes, parfois un traditionalisme religieux poussé, parfois au contraire un néo-paganisme, voire éventuellement des idéologies fascistes, etc. Xénophobie, bellicisme, racisme ou nostalgie peuvent également être présents.

——

Commençons donc par sa « citation du jour » :

« Nier les racines catholiques de la France est une aberration. L’architecture de notre spiritualité, de notre métaphysique, de notre esthétique, notre rapport à la féminité, à l’enfance, à la démocratie… tout a été complètement structuré par le catholicisme romain. C’est un fait historique. Pourquoi devrait-on le nier ? » Denis Tillinac.

Qui est Denis Tillinac ? C’est un écrivain catholique traditionaliste de la droite dure française, proche de l’UMP (le parti de Sarkozy) à qui il recommande une alliance avec le Front National. Dans le roman de Frédéric Deslauriers (2011), Les Deux-Cents jours de Marine Le Pen, où Marine Le Pen gagne l’élection présidentielle de 2012, Denis Tillinac devient ministre de l’Éducation nationale.

——

Dans la même journée, toujours sur le blogue de Martineau, l’histoire du maire du Mont-Royal qui a décidé d’enlever la crèche devant l’hôtel de ville. Qui est pointé du doigt ?

Je cite Martineau : « Les Juifs voulaient leurs décorations, les Musulmans itou… ».

Bien sûr, les Juifs et les Musulmans veulent toujours leurs décorations à Noël, c’est bien connu.

——

Plus tôt ce matin, toujours à la même place, un billet sur la problématique de l’unilinguisme. On se dit que ça va donner un break aux Juifs et aux Arabes. Ben non. Le problème de l’unilinguisme, c’est « comme le foulard », vous aviez fait le lien bien sûr !

Et de citer, avec des guillemets :

« Plus vous dites qu’il ne faut pas le porter, plus on a le goût de le faire. On prendra ce morceau de tissu que vous honnissez tant et on le brandira partout où vous voulez l’interdire. On en fera un drapeau, un symbole identitaire, un cri de ralliement. Il représentera notre différence. »

Qui est cité ainsi ? « certaines musulmanes ».

Guillemets du racisme, de la honte et de la malhonnêteté, c’est une citation inventée par votre serviteur.

——

Pour finir, après tout moi aussi j’ai des lectures, ces mots de Primo Lévi, en introduction de Si c’est un homme, livre écrit entre 1945 et 1947, à son retour d’Auschwitz :

Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons,
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis,
Considérez si c’est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui ou pour un non.
Considérez si c’est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu’à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N’oubliez pas que cela fut,
Non, ne l’oubliez pas :
Gravez ces paroles dans votre cœur,
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant ;
Répétez-les à vos enfants,
Ou que votre maison s’écroule,
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous.

——

Qu’est-ce que je veux insinuer ? Rien. Comme Martineau.