Occupy: le retour des romantiques

On fête cette semaine le premier anniversaire d’Occupy Wall Street. Le mouvement, qui visait à dénoncer les abus du capitalisme financier, s’inscrivait dans la lignée du mouvement espagnol des Indignados de mai 2011, lui même influencé par le Printemps arabe.

Cet automne d’éveil, amorcé à New York, devait rapidement s’étendre à plus de 900 villes dans le monde dès les premiers jours d’octobre, avec des manifestations monstres de plusieurs centaines de milliers de personnes, comme à Rome ou à Madrid.

À Montréal, c’est à la mi-octobre que le mouvement s’installe au Square Victoria,  renommé pour l’occasion la Place du Peuple, sous le regard ahuri des trentenaires dorés et encravatés du quartier des affaires, avec des souliers un peu pointus. Câlins, Yoga, dessin, couture et bavardages, on sourit quand on passe là, entre la tour de la Bourse et le Centre du Commerce Mondial.

Du camp des crottés émergent mille revendications, le campeur hirsute est difficile à cerner. Contre les inégalités sociales, pour le développement durable, contre les répressions policières, pour la sauvegarde de la planète, contre la finance vorace, pour la paix au Vietnam…

Vaincus fin novembre par l’hiver et l’incompréhension, les scouts ont décampé, aidés dans leur démontage par le coup de main généreux et solidaire du SPVM.

En dépit de l’ampleur du phénomène et de soutiens significatifs et inattendus (les prix Nobel d’économie Stiglitz et Krugman, Ahmed Maher, des parlementaires démocrates américains, Michael Moore, Ron Paul, Chomsky, le milliardaire Soros…), nombre d’observateurs se sont entendus sur le flou du mouvement, et particulièrement sur le flou de ses revendications. D’aucuns d’ailleurs considèrent Occupy comme une aspiration romantique aujourd’hui morte et enterrée.

C’est vrai que les doléances étaient confuses (quand il y en avait) et que si on en devinait l’intention, on devinait mal à qui étaient adressés tous ces messages, lancés au ciel avec enthousiasme. Et pour cause… Quand le méchant est premier ministre, qu’on connait son visage, qu’on sait où il habite, et qu’il prend une décision injuste, c’est simple: on s’en va lui parler. Ça prend un printemps s’il le faut, ça pique les yeux, ça fait mal aux côtes, mais on finit par se faire entendre et on le renvoie à ses pantoufles.

Mais le système? C’est qui le système? Quel est son visage? Où habite-t-il? C’est qui le con qui augmente le prix de l’essence? C’est qui le voleur qui pille le sous-sol en Amérique du Sud? C’est qui le criminel qui spécule sur le blé ou le riz et qui fait crever un enfant de moins de dix ans toutes les cinq secondes? C’est flou Occupy? Évidemment, comment pourrait-il en être autrement? C’est flou contre flou, Anonymous contre Anonymous.

L’indignation qui s’est manifestée en 2011 n’est pas une aspiration romantique. C’est un pouls. Le pouls d’une humanité qui sent que la course folle au profit est un non-sens, qu’elle n’est pas source de bonheur, qu’elle assassine air, arbres et enfants, et finalement qu’elle ne profitera bientôt plus à personne.

À quoi sert Occupy? À nous maintenir en éveil et attentif. À nous inviter à écouter ce pouls-là battre, le pouls de notre existence collective.

Floue l’indignation? De moins en moins je crois. La folie de notre système est de plus en plus admise, et la nécessité d’une prise de conscience collective s’installe doucement dans nos esprits. La décroissance n’est plus une utopie chevelue, elle est entrée dans les universités, et les experts économiques la considèrent avec plus d’attention que jamais. Non pas par romantisme, mais par nécessité. Et il est raisonnable de penser que le mouvement mondial des Indignés a permis cet éveil là, comme il est raisonnable de penser que le printemps québécois y a pris ses sources de vigueur.

Le 13 octobre prochain, le mouvement Occupy sera célébré dans le cadre d’une journée mondiale des Indignés, et semble-t-il qu’on y tapera de la casserole sur tous les continents. Et les nantis et satisfaits ricaneront à nouveau, comblés de leurs certitudes.

D’ici là, on regardera les millions se chicaner avec les milliards, aux alentours du Centre Bell, un petit sourire aux lèvres, nous aussi.

Advertisements

Salut le jeune

Ça commençait comme ça. Salut le jeune. Tu te souviens? je t’avais écrit une lettre, en mars. Je t’en demandais beaucoup, sans savoir que tu m’en donnerais autant. REER, hypothèque, flos et pli au pantalon, je te parlais de mon impuissance, et je te demandais de leur dire non, pour nous. Je te disais combien j’avais besoin de ton euphorie, de ta rage, de ta force, de ta liberté.

Aujourd’hui c’est fini. Tu retournes en classe. Étudier. Tu n’as jamais eu d’autre projet. Ta cohérence honore ton printemps et ton carré de tissus. Perdu, gagné, sur cinq ans, sur sept ans, prêts, bourses, un café par jour, la juste part… je sais que tu vas faire face, quoi qu’il arrive.

Je ne sais pas vraiment ce qui vient de s’arrêter, ou ce qui commence peut-être. Mais ce que je sais, c’est que la rue s’en retourne vers la grisaille et reprend son mouvement mécanique et sans âme.

Marilyne vient de m’écrire. « Savignac j’ai le coeur brisé ». D’aucuns qui liront ces lignes et les mots de Marilyne les trouveront d’un lyrisme incompréhensible, voire risible. La sécheresse prive de bien des beautés.

Arrêtée dans sa robe à fleurs, armée d’un livre et d’une pomme, Marilyne est allée en prison. Aujourd’hui, demain, tandis que le cirque électoral exhibe son cynisme et que les affaires vont suivre leur triste cours, elle devra donner du sens à son printemps. Comme Maxence, comme Yalda, comme tous les autres.

La lutte était condamnée à finir, évidemment. En septembre, on rediscutera ou non des frais de scolarité. Mais il y a aujourd’hui ce vide, et c’est lui qui brise le coeur de Marilyne, et un peu le mien. Certes on se reverra le 22 pour quelques mois encore, juste pour se rappeler, se revoir, se toucher la main.

En mars, le jeune, quand je t’écrivais, je te disais merci de prendre la parole. Merci de crier pour moi, pour nous les passants vaincus. Ce que je ne savais pas, c’est que tu me donnerais tant de beauté à voir. Je ne savais pas qu’une génération, prétendument individualiste, gazée à la Xbox, avait en elle ce que le Québec a donné à voir de plus beau depuis peut-être toujours. Beauté de tes visages, beauté de tes sourires, beauté de tes idées, de tes mots et de ton courage. Tu me laisses avec un beau deuil.

Le jeune je dois te laisser, je dois me lever tôt demain matin, comme toi, et traverser la ville vide. Je sais que t’es encore là, même si ton bruit a cessé. Éparpillé dans le normal, tu es plus dur à voir et à sourire. Mais dans le métro y’aura toujours Marilyne, avec sa robe, sa pomme et son livre.

Occupons Montréal … en blanc

Ce soir, ils dînent en blanc à Montréal. Trois jours que je prépare ma réplique, rouge sang.

Elle me dit : « j’aime qu’ils occupent un espace…  »

J’avais envie de lui répondre… septembre 2011, Place du Peuple, ne trouves-tu pas que c’était plus beau, plus vrai, plus pur… mais j’ai pas osé. Elle est tellement belle… ses boucles ont eu raison de moi, alors j’ai décidé, comme Brassens, de mourir pour des idées, mais de mort lente.

Elle est plus intelligente que moi, c’est embêtant. Moi je voulais me fâcher. Trois jours de camp d’entraînement intense pour rentrer dans le dîner en blanc. J’étais prêt, plus fort que Lucian Bute.

Ça donnait à peu près ceci :

« Élégance, convivialité et savoir-vivre… le temps d’une soirée, les invités se réapproprient une part de leur patrimoine en le mettant en valeur par leur simple présence … tous les convives se démarquent par leur élégance tant sur le plan de leur comportement que dans leur tenue ». Dixit le site web du Dîner en blanc.

Muscles luisants, couteau entre les dents, j’allais répliquer: ton champagne tiède me fait roter, jeunesse dorée. Ton élégance n’est pas celle de l’âme, jeunesse friquée. Ton blanc est démodé, jeunesse ridée. As-tu remis le trajet de ta stagnation délavée, jeunesse gavée? C’est en rouge que tu dois dîner, jeunesse imaginée. Je ne t’aime pas, jeunesse décolorée.

Et d’en rajouter…

Pourquoi dînes-tu en blanc, jeunesse entamée? Pourquoi donc la matraque te ménage-t’elle, jeunesse privilégiée? Pourtant, tu es bien plus vulgaire que le rouge, crois-moi. Tes rêves sont laids, tu les maquilles en blanc, mais nous ne sommes pas dupes. Tu dînes avec la couleur du mépris de l’arc-en-ciel de nos différences. Tu dînes sans moi, sans elle, sans lui… tu dînes tout seul, jeunesse inventée.

Et de finir, invincible…

Il n’y eut, cette année, pas de plus belle couleur que le rouge, mais tu as séché au soleil d’un printemps qui t’a fait sourire, jeunesse éteinte, au regard si méprisant. Étouffe, ce soir, de ton caviar, et disparait jusqu’à l’an prochain. Demain, le rouge revient. Le rouge de l’émotion, celui qui ne se pose jamais sur tes joues, jeunesse décédée.

Mais elle m’a dit… « j’aime qu’ils occupent un espace… »

Elle m’a juste dit ça. Et c’était assez pour que je baisse la garde. Lucian Bute a peut-être perdu par amour, qui sait… qu’ils dînent comme il veulent, moi je veux juste qu’elle se rappelle de mon parfum quand je suis pas là. Je veux juste qu’elle me fasse mourir, mais de mort lente.

Sur le mépris de Charest et la démocratie de Desmarais

Le texte ci-dessous, écrit par mon ami Hugo Parizot, fait écho à la publication par le groupe Anonymous de la vidéo présentant les liens plus qu’étroits entre Jean Charest et la famille Desmarais.

———————————-

Et puis? La nouvelle sur la somptueuse réception offerte par Paul Desmarais, réception qui aurait coûté de 12 à 14 millions de dollars et qui comptait des invités prestigieux tels que George H. Bush, Brian Mulroney, Jean Chrétien, et oui, votre humble serviteur Jean Charest, cette nouvelle donc a-t-elle retenue votre attention? Elle aurait dû et pour plusieurs raisons. D’abord, elle expose au grand jour le jupon Power Corp qui manifestement dépasse sous la jupe de votre premier ministre. Ce n’est pas anodin quand on sait que cette entreprise détient plusieurs quotidiens au Québec dont l’influent La Presse (et son pendant numérique Cyberpresse). Et elle soulève des questions, justement, sur le fonctionnement de ces mêmes médias.

Si vous ne le saviez pas déjà, l’homme politique moderne aime recevoir des invitations provenant de gens comme les Desmarais de Sagard car il sait qu’il sera reçu avec la classe que commande son poste. L’important homme politique affectionne l’odeur du cuir de la limousine qui le conduit, le pli du smoking qu’il porte pour l’occasion, les bons cocktails et les mains multimillionnaires que ces réceptions lui permettent de serrer. Des millions, ça peut toujours servir, surtout en élection. Il se réjouit à l’idée de tremper une cuillère d’argent dans le potage de son repas gastronomique 8 services tout en faisant la conversation à George H. Bush. L’Orchestre métropolitain à l’oreille, il apprécie la chance qu’il a de poser son regard sur la chorégraphie que Luc Plamondon a créée spécialement pour l’occasion, flûte de champagne à la main, ébloui qu’il est par la beauté et la grâce d’un chapiteau digne de Louis XIV. Cela flatte son égo – car il est l’une des stars de la soirée – et confirme qu’il a résolument atteint le sommet. Il en profite d’ailleurs pour savourer, si ce n’est la vue du haut du monde, du moins celle du haut du Canada et du Québec. Finalement, il sourit en pensant que sa place est ici, au milieu des grands, entouré de la crème VIP du pays, dans la ouate. Michou, tu ferais une petite photo de moi avec l’ex Président? Clic! Un beau trophée à ajouter à une collection sûrement déjà remarquable. Quelle soirée magique! Au cours de ces deux jours que dure la fête, incontestablement, il aime Paul Desmarais. Comme disait Richard Martineau, sauf que c’est approprié cette fois: c’est la belle vie!

Notez qu’en ce moment même à la Commission Charbonneau, l’étau se resserre sur petit poisson Tony Accurso et son ridicule petit bateau. C’est monarque Charest qui doit se retenir de se rouler de rire!

Ces événements mondains commandités par Power Corp – remarquez, c’est elle qu’on nomme mais on peut facilement l’imaginer n’être qu’une parmi un club plus vaste – sont le genre de petites pauses appréciées par un premier ministre car il doit aussi frayer avec d’autres personnages et événements bien moins agréables. Prenez la grève étudiante, misère qu’elle est chiante cette grève! Pauvre Jean! Doit-il les détester, ces petits baveux de 20 ans, ces morveux qui contestent son autorité, sa légitimité, le défient lui, le brillant stratège, le fin politicien qui roule sa bosse depuis près de 30 ans? Bien sûr, l’affront ne va pas jusqu’à l’obliger à s’impliquer lui-même dans les négociations. Quand même, les ministres-marionnettes sont là pour ça!

Conséquemment, concevez-vous mieux que Charest ait pu assisté à moins d’une heure de discussions en plus de 3 mois? Quand on connait les divers avantages, cadeaux, courbettes, ascenseurs et retour d’ascenseurs et retour retour d’ascenseurs que l’important monsieur reçoit régulièrement des hommes et femmes les plus riches de la province, du pays, doit-on s’étonner du mépris patent qu’il démontre envers la jeunesse?

La deuxième question maintenant: pourquoi est-ce Anonymous, un groupe international de pirates informatiques, qui informe les citoyens et électeurs québécois sur l’existence de cette petite fête? Comment se fait-il que c’est Anonymous qui nous renseigne sur l’état de notre démocratie et sur ce que nos leaders font de leurs fins de semaine?

Je ne connais pas la réponse entière mais j’en sais instinctivement une partie puisqu’on devine bien que ce n’est certainement pas La Presse qui va affecter des ressources pour investiguer cette histoire! Vous comprendrez que chez Gesca (et tout autre empire médiatique) il existe des zones bien délimitées, connues par tous ses journalistes. Il y a les zones où on doit aller, celles où on peut aller et enfin celles où on ne doit jamais, jamais aller, du moins quand on planifie conserver son emploi. Première règle, si ça concerne le patron, on peut traiter la nouvelle seulement si le résultat sera minimalement flatteur. Deuxième règle, toujours si ça touche le patron mais que cette fois le papier risque de ne pas chanter ses louanges, on détourne le regard et on passe rapidement à un autre appel en sélectionnant une autre histoire « d’intérêt public ». N’importe laquelle, c’est sans réelle importance; de toute façon le public est déjà bien nourri aux faits divers tels que l’histoire du démembreur. La propriété détermine les contenus, tous les magnats des médias savent cela et c’est là que repose l’intérêt de détenir ces agences de presse.

Chef, on fait quoi pour les amis du patron? Le chef: tu suis la deuxième règle. Et Jean Charest, est-ce que c’est un ami du patron?

La réponse, d’après vous?

Pardon pour la casserole

C’est fini. Enfin presque. Enfin sûrement. Enfin j’imagine. Il faut sauver les festivals, le grand prix, le dollar. Priorités.

Tu te souviens de moi le jeune ? c’est moi, le passant. Je t’écrivais, c’était au début, c’était en mars, je te parlais de mon impuissance et de mon scaphandre. Je te demandais de l’aide.

Tu te souviens pas ? Je comprends. Avoir pris autant de coups de matraques sur la gueule, avoir été poivré comme un steak à relever, ça se peut bien …

Je te demandais de l’aide, comme ça :

Oui je les ai les REER, les flos, le bungalow et le ventre moins dur, mais si tu savais … si tu savais, malgré tout ce que je projette de pitoyable à tes yeux, combien mon âme est en éveil, et combien tes colères sont les miennes. Si tu savais, malgré le pli imposé de mon pantalon, l’immensité de mon indignation. Je hurle en silence sur ce monde dont tu ne veux pas, j’égorge et découpe de mes pensées les porcs dégoulinants de profits, je pleure le collectif perdu, je n’ai, envers cet individualisme d’accumulation, qu’une rage bestiale. J’ai honte de cette société de dégénérés qui n’a foi que dans la productivité, au cynisme rentable et sans limite, qui n’hésite pas, sans que jamais le scrupule ne l’effleure, à laisser sa jeunesse dans la merde, sa vieillesse dans la pisse. Au policier qui t’a laissé tout seul la gueule en sang, je lui souhaite, comme le fit jadis Primo Levi, que sa maison s’écroule, que la maladie l’accable, que ses enfants se détournent de lui …

C’est le temps de se dire salut. Est-ce que tu t’es fait fourrer ? Évidemment. Mais c’est pas grave. De ce que tu m’as montré, je ne suis plus inquiet pour toi, je sais que tu sauras faire face.

Il y a de l’orage ce soir. Plutôt que de remplir les casseroles, la pluie va vider les rues, sûrement, irrémédiablement.

C’est pas évident les adieux. On n’a jamais le bon mot. Merci. C’était bien. Prend soin de toi. Merci encore hein. Vraiment.

Tu dois rentrer amer et pensif. À poil, la gueule en sang, blessé à vie, de jour, de nuit, à Victo, sur le plateau. T’as payé cher ta session. Quand t’as eu besoin d’aide, à plat ventre, les mains dans le dos, tu nous as regardé. À travers les bien fait pour ta gueule, fleurons de notre économie, le petit réconfort de la quincaillerie. C’est tout ce qu’on a été capable de faire, s’agiter la casserole entre 8:00 et 8:30, dans notre quartier, loin du gaz et de la matraque. On n’y a pas vraiment cru, mais ça nous a donné l’impression d’exister un petit peu. Un tout petit peu.

C’est pourtant ce qui va rester. Le gueling-gueling. Parait même qu’il y a des T-shits. Il n’y avait pourtant rien à célébrer. Bien maladroits, on a changé ta lutte en folklore printanier. Un festival de plus.

En mars je te disais merci, aujourd’hui, je te demande pardon.

#TséMettons

– +75%

– 0%

– +82%

– WTF??

– Ok … +60%

– Nan!

– +50%?

– +15%

– Impossible

– +20% et t’enlèves ta loi

– +25% et la loi, deal?

– Deal.

Ça prend pas 100 jours, ça prend pas des blessés à vie, ça met pas les flics sur les dents, ça prépare une belle saison estivale, et c’est très moderne, ça tient dans moins de 140 caractères.

Une bonne loi

Face à l’intransigeance et à l’obstination des étudiants, il était temps que notre gouvernement intervienne. La loi spéciale qui vient d’être votée est une décision de bon sens qui va rétablir enfin le calme à Montréal.

Nous ne pouvions plus accepter que la paix sociale soit compromise par une minorité d’enfants rois pour qui tout est dû. Il est important que le mérite demeure une valeur forte de notre société, et il est important que chacun fasse sa part.

Le déferlement de violence auquel nous avons assisté ces dernières semaines doit désormais cesser, il est inacceptable que nous soyons pris en otage chaque jour par des bandes d’anarchistes qui ne veulent créer que le chaos.

Par ailleurs, non seulement ces jeunes ne veulent pas faire face à leurs responsabilités en exigeant la gratuité de leurs études, mais en plus c’est à nous les payeurs de taxes qu’ils veulent refiler la facture. Sans compter le coût de toutes ces manifestations depuis trois mois, qui va payer ça ? Encore le contribuable.

Alors ça suffit, la récréation a assez duré, que chacun rentre chez soi, reprenne le chemin de l’école, et nous laisse travailler. Et cette loi 78, votée démocratiquement en chambre, va aider à mettre fin à tout ce désordre qui n’a que trop duré. D’ailleurs un sondage publié par La Presse ce samedi le confirme : 66% de la population est d’accord avec cette loi, c’est donc que c’est une bonne décision et il était temps qu’on s’intéresse à la majorité silencieuse.

Les quelques lignes ci-dessus sont un ramassis de merde que j’ai eu la plus grande peine du monde à écrire et si vous y avez trouvé une quelconque satisfaction, sachez que mon émotion alterne entre la joie perfide d’avoir humidifié un instant vos shorts poussiéreux et le mépris de votre sommeil ignorant et aujourd’hui dangereux. Cette loi insensée n’est pas seulement incarnée par Jean Charest, elle a le le visage honteux de votre approbation, de votre complicité.