Abus textuels


J’ai arrêté de vivre. J’ai arrêté d’être moi même. Je suis rentrée dans un cycle d’auto-destruction complète. Aidez-moi. Je pleurais. J’aimerais avoir votre aide s’il vous plait. Je crains d’être rejetée. Trouvez-moi une solution, ma tête va exploser. Je suis épuisée, abattue, anéantie, découragée, dégoûtée, désespérée, écoeurée, je ne m’aime plus, je me sens sale. Mon coeur est en feu, guidez-moi. Chaque soir quand je veux dormir, je me crispe, je sursaute. Il a brisé ma jeunesse, brisé mon corps. Cette expérience m’a traumatisée pour le restant de mes jours. Je suis morte ce jour-là je crois. J’ai encore mal. Des images plus dures les unes que les autres défilent en moi. Je crois que je suis née pour ne pas être aimée et souffrir. Je m’endors tard et chaque nuit je me réveille. La meilleure solution est peut-être le suicide? Gros bisous à ceux qui m’aident en me donnant des réponses… je vous adore!

Il y a sept viols dans ce paragraphe. Sept récits mêlés, glanés au gré du web. Sept filles, sept femmes. Sept actes sexuels imposés par une contrainte physique ou psychologique. Sept agressions impliquant une pénétration sexuelle, vaginale, anale ou orale, ou pénétration par la main ou un objet, ou plusieurs. Sept raisons d’hurler, sept envies de se révolter, sept crimes, sept misères. Sept raisons de relire ce paragraphe inacceptable qui s’écrit tous les jours.

Au Québec, selon les services sociaux du gouvernement (chiffres de 2004), une femme sur trois a été victime d’au moins une agression sexuelle depuis l’âge de ses seize ans. Une femme sur sept est agressée sexuellement au moins une fois par son conjoint. Enfin, Près de quatre-vingt dix pour-cent des agressions sexuelles ne sont pas déclarées à la police.

Au Québec, le 30 juillet 2013, Judith Lussier relate dans Urbania qu’elle s’est fait siffler dans la rue parce qu’elle portait une petite robe blanc-cassé. Elle témoigne avoir été « terrorisée ». Elle parle alors de « viol du regard ».

Au Québec, le 5 septembre 2013, Rabii Rammal relate, toujours dans Urbania, qu’il a été le témoin de la grossièreté d’un homme qui a approché une femme seule à une terrasse, qui lui a fait des avances sans classe et pleines de vulgarité, pour finalement, nous dit Rabii, partir, désenchanté, « la queue entre les jambes ». Il parle alors de « violeur verbal », c’est même le titre de son texte.

Je m’appelle Savignac, je baise dans le strict cadre que la loi m’impose, et je m’assure au préalable d’obtenir une adhésion féminine à mon projet, voire, j’y suis sensible, un certain enthousiasme. Pour cela, je choisis mes mots. Parce que c’est important, les mots. Agression impliquant une pénétration sexuelle, vaginale, anale ou orale, ou pénétration par la main ou un objet, ou plusieurs. Viol.

Viol. Pas manque de talent, manque de jugement, manque d’éducation, manque de classe, grossièreté, manque de respect. Viol.

Viol.

J’ai arrêté de vivre. J’ai arrêté d’être moi même. Je suis rentrée dans un cycle d’auto-destruction complète. Aidez-moi. Je pleurais. J’aimerais avoir votre aide s’il vous plait. Je crains d’être rejetée. Trouvez-moi une solution, ma tête va exploser. Je suis épuisée abattue, anéantie, découragée, dégoûtée, désespérée, écoeurée, je ne m’aime plus, je me sens sale. Mon coeur est en feu, guidez-moi. Chaque soir quand je veux dormir, je me crispe, je sursaute. Il a brisé ma jeunesse, brisé mon corps. Cette expérience m’a traumatisée pour le restant de mes jours. Je suis morte ce jour-là je crois. J’ai encore mal. Des images plus dures les unes que les autres défilent en moi. Je crois que je suis née pour ne pas être aimée et souffrir. Je m’endors tard et chaque nuit je me réveille. La meilleure solution est peut-être le suicide? Gros bisous à ceux qui m’aident en me donnant des réponses… je vous adore!

 

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