La complainte de la femme à poil


Une étude récente, et très sérieuse, menée par l’université de Californie du Sud (USC), révèle les inégalités entre les hommes et les femmes dans le milieu du cinéma, à travers l’exposition de la nudité.

Ainsi, on apprend que parmi les actrices qui ont joué dans les 100 films les plus populaires en 2009, 25% d’entre-elles se sont dénudées. Parallèlement, seulement 7% des hommes ont eu à se dévêtir partiellement, soit presque 4 fois moins. L’étude ajoute que la jeune génération d’actrices, âgée aujourd’hui entre 13 et 20 ans, a 6 fois plus de chances de jouer dans une « tenue sexy, voire provocante » que les jeunes acteurs hommes.

Stacy Smith, co-auteure de l’étude, évoque un « machisme incompréhensible » :

« Les femmes sont celles qui contrôlent une large majorité des achats, billets de cinéma compris. Hollywood échoue à courtiser son audience la plus lucrative« .

L’étude, on en conviendra, ne nous révèle rien de bien nouveau, nous constatons tous l’omni-présence de la nudité féminine, nudité surtout incarnée dans des contextes de séduction et de sexualité. La fameuse hyper-sexualisation de la société nous donne à consommer, avant tout, la femme.

Intéressant alors de surfer sur le questionnement de Stacy Smith, et de se demander pourquoi ?

Réponse immédiate et bruyante des féministes : C’EST LA FAUTE DES HOMMES !

Sûr ?

Je ne repasserai pas en détail les 40 années de lutte de libération de la femme, mais quand j’observe les succès et les gains, je ne peux qu’être admiratif sur le chemin parcouru, en si peu de temps finalement : droit de vote, accès à l’emploi, contraception, avortement, égalité salariale (toujours en cours), autonomie financière, hautes responsabilités politiques et d’affaires, etc.

Je ne m’éterniserai pas non plus sur les gains encore à obtenir, ou sur ce fléau de société qu’est la violence faite aux femmes (à lire d’ailleurs le billet de Nicolas F. à ce sujet).

En bonne conscience des progrès à réaliser encore, reconnaissons la force extraordinaire de ce mouvement d’émancipation qui a vu la réalité des femmes se métamorphoser, et ce en moins de deux générations.

Chez nous, la mayonnaise a tellement pris qu’on constate parfois un zèle navrant qui tend à ridiculiser l’homme quand la chance se présente. Voyez juste la publicité, qui le place tantôt en petit chat crétin sur l’accoudoir du divan, ou plus récemment (Future Shop je crois) en petit débile infantile qui attend le go de sa blonde pour aller jouer avec ses amis.

Bref, de ça aussi on peut en parler longtemps, sur le qui est responsable de quoi, mais revenons au décolleté.

Comment se fait-il que la lutte contre l’hyper-exposition du corps de la femme n’ait jamais été un succès lors des 40 dernières années ? Les femmes ont gagné, à force de courage, de si gros combats ! Pourtant les cris d’indignation sont permanents, mais plus ça crie, moins ça se rhabille.

Avoir réussi à mettre des tatas qui ronronnent sur des bras de divans, imposer la petite laine, ça devrait bien se faire non ?

Et si la femme n’avait, tout simplement, pas l’intention de se recouvrir ? Et si ces cris aigus n’étaient, finalement, qu’hypocrisie ? Et si la femme avait tout simplement envie/besoin/plaisir/nécessité/intérêt d’exposer sa nudité ?

Moi je veux bien qu’on continue de me pointer du doigt comme l’odieux macho bla bla bla, mais je ne peux m’empêcher d’observer que c’est bien dans nos pays de conquêtes féministes que les prothèses mammaires pètent. Quant une femme est oppressée, elle n’a pas le loisir d’exposer son silicone.

Serait-il possible que plus la femme est émancipée, moins elle est habillée ?

Allez, sortez vos bazookas.